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Traite
des esclaves, esclavage
et dépendance en
Afrique orientale (XVe-XXe
siècle) |
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organisé par Henri
Médard (MALD),
Marie-Laure Derat (MALD),
Thomas Vernet (MALD)
Séminaire
mensuel, un lundi par mois de 17h à 19h
Centre
Malher, salle Person (2e étage)
Présentation 2005-2006
Contrairement à la traite atlantique et à l’esclavage américain,
l’esclavage en Afrique est encore insuffisamment connu. Cela est particulièrement
le cas en Afrique orientale (de la vallée du Nil et de la corne de l’Afrique
jusqu’au rivage de l’Océan Indien, au Zambèze et aux
Grands Lacs), région pour laquelle même les réseaux de traite
sont relativement sous étudiés. L’esclavage ne peut être
abordé sans prendre en compte l’étude des autres formes de
dépendance (la relation de clientèle par exemple ou les relations
entre aînés et cadets) qui, tout comme celles-ci, sont fortement
dénaturées par l’existence de la traite. Nous proposons donc à travers
des études locales de mettre en lumière l’emboîtement
de réseaux de traites (intérieurs comme extérieurs) et de
montrer les dynamiques de relations de dépendance (esclavage compris)
en Afrique orientale du XVe siècle (arrivée des Portugais dans
l’Océan Indien, Ethiopie...) au XXe siècle ou se pose la
question de l’héritage de l’esclavage après son abolition.
- Bibliographie indicative :
C. Meillassoux, 1975, L'esclavage en Afrique précoloniale, Paris.
O. Pétré-Grenouilleau, 2004, Les traites négrières.
Essai d’histoire globale. Paris.
S. Miers, I. Kopitoff, 1977, Slavery in Africa, Madison. 1977
F. Cooper, 1977, Plantation Slavery on the East Coast of Africa, New Haven.
M. Wright, 1993, Strategies of Slaves and Women. Life-Stories from East/Central
Africa, New York.
• Lundi
14 novembre 2005 : Alain Testart, "Esclavage, concept
et répartition"
ARCHIVES
Présentation 2004-2005
Le point de départ de ce séminaire
est la question de l’esclavage
dans l’Afrique des Grands Lacs.
Une table-ronde en décembre 2002
a mis en lumière trois points
fondamentaux.
1. Que la traite des
esclaves avait été mal
interprétée, que ni les
acteurs de la traite, ni les destinations
de la traite retenus jusqu’alors étaient
exacts.
2. Que l’esclavage endogène était
beaucoup plus important et avait une
histoire beaucoup plus ancienne et complexe
que ce qui était considéré jusqu’alors.
3. Que l’insuffisance des connaissances
sur les non-chefs était un obstacle
incontournable ; que l’on ne peut
séparer les statuts d’esclaves
des autres statuts non seulement non
libres mais de tous les statuts de subordination
(c'est-à-dire citoyens, sujets,
clients, cadets, serviteurs, serfs, esclaves,
etc.). Il existe un continuum entre l’esclavage
et le statut d’homme libre. Les
distinctions de genre sont également
fondamentales dans ce domaine.
Nous nous proposons d’élargir
ce projet à une région
plus vaste. Par Afrique orientale nous
comprenons ici une aire géographique
qui recouvre une bande du Mozambique
jusqu’à la Corne et incluant
les franges du Congo et du Soudan. La
mer Rouge, espace complémentaire
ou concurrent de l’océan
Indien selon la période, est naturellement
comprise dans notre aire de recherche.
Nous nous intéressons donc aux
relations entre l’intérieur
et les rivages africains et celles de
l’Afrique avec les rivages indiens,
arabes, persans et les Mascareignes
Il est impossible de séparer étude
de la traite et esclavage et il est impossible
de séparer l’esclave d’autres
dépendants et de son contraire,
l’homme libre. Malgré un
nombre d’études conséquent,
des lacunes et des déformations
subsistent trop souvent. Les contributions
influentes sur la traite et l’esclavage
portent sur le monde atlantique. Elles
sont une grande source d’inspiration,
mais une utilisation insuffisamment prudente
a mené à une déformation
dans la littérature sur l’Afrique
de l’Est, une “ atlantisation ” pourrait-on
dire, des autres traites terrestres des
esclaves. Il faut remettre encore une
fois les Africains au centre de la traite,
non seulement comme victimes et esclaves
mais comme parents, propriétaires,
commerçants, kidnappeurs, soldats,
brigands, logisticiens, concurrents etc.
Il faut montrer les dynamiques variées
et changeantes des sociétés
pour résister ou s’adapter
aux impacts de la traite et de l’asservissement.
Cela est possible en questionnant l’esclavage
dans des régions ou des périodes
où il est peu étudié.
Beaucoup d’études sont en
cours autour de Françoise Raison
sur l’océan Indien et Madagascar.
Frederik Cooper, Jonathon Glassman et
d’autres ont réalisé des
travaux remarquables sur l’esclavage
dans le monde swahili au XIXe siècle.
Nous nous pencherons donc vers l’intérieur
de l’Afrique orientale, vers le
monde swahili à la période
moderne et vers l’Abyssinie (célèbre
fournisseur d’esclaves durant 2000
ans !).
Il s’agit d’étudier
l’esclavage d’aussi loin
que les sources le permettent et de remonter
jusqu’au XXe siècle. Il
faut suivre les leçons de ce que
Frederick Cooper a montré en ce
qui concerne Mombasa et Malindi. Il ne
faut pas commettre l’erreur si
commune de penser que l’esclavage
disparaît avec son abolition coloniale
par un coup de baguette magique. Il faut
se pencher sur la question de comment
l’esclavage disparaît, que
deviennent les esclaves libérés
et leurs descendants ? Comment leur travail
et les autres fonctions qu’ils
occupent sont-ils remplacés dans
les sociétés africaines
? Les récents travaux sur la culture
urbaine et l’esclavage à Zanzibar
durant la colonisation britannique pourraient être
mis en parallèle avec Dar es Salaam
sous l’occupation allemande. Il
faut aussi réfléchir à la
mémoire et à l’héritage
de l’esclavage, enjeu qui peut
devenir très important dans le
monde contemporain, et également
aux résurgences aujourd’hui
de pratiques qui rappellent celles du
XIXe siècle : les enlèvements
de jeunes gens en Ouganda, au Congo et
au Soudan pour en faire des enfants soldats
ou leurs concubines.
Liste
des interventions de l'année 2004-2005
• Mardi
7 décembre 2004
Henri Médard,
introduction et "La
traite dans l’Afrique des Grands
Lacs"
• Mardi
11 Janvier 2005
Thomas Vernet, "Traite
et esclavage dans l’archipel de Lamu (XVIe-XVIIIe
siècle)" (titre provisoire)
et Florence Duchamp, "Formes
de dépendances et esclavage dans
le Sud-Est africain à la fin
du XVIe et au dbut du XVIIe
siècles" .
• Mardi
8 février 2005
Franck Raimbault, "L'administration
allemande et l'esclavage, entre pragmatisme
et
abolitionisme, Dar es Salaam 1887-1914".
• Mardi
8 mars 2005
Marie Pierre Ballarin, "Revendications
identitaires des Makoa de l'Ouest malgache
(1950-1980)".
• Mardi
12 Avril 2005
Hervé Pennec, "Traite
et esclavage en Ethiopie au XVIIe siècle
d’après les sources Jésuites" (titre à provisoire),
et Arnaud Kruzinsky "Traite
et esclavage dans le Gurage (Ethiopie)
au XIXe siècle", (titre
provisoire).
• Mardi
10 Mai 2005
Marie Laure Derat
et Bertrand Hirsch, "Quelles
sources pour l'étude de l'esclavage
en Ethiopie avant le XVIe siècle
? Etat de la question et perspectives
de recherches" (titre provisoire)
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