BPI et BRA
La Bibliothèque Publique d’Information (BPI) du Centre Pompidou vient de déposer, en une première livraison, les ouvrages suivants à la Bibliothèque de recherches africaines. Une Convention, datée du 21 octobre 2005, a été signée par les deux parties, M. Gérald Grunberg, directeur de la BPI et M. Pierre Boilley, directeur du MALD. Nous nous sommes rendus sur place pour effectuer un tri parmi les ouvrages mis à notre disposition.

Le fonds Claude Meillassoux (1925-2005)

"Claude Meillassoux nous a quittés, et avec lui c’est un moment essentiel de l’anthropologie française qui disparaît. Beaucoup d’anthropologues de ma génération s’accorderont avec moi pour le dire : Claude Meillassoux emporte avec lui toute une partie de nos vies." C’est en ces termes que l’anthropologue, Emmanuel Terray débute son article (L’Homme, n° 174, 2005) en hommage à l’auteur de L’Anthropologie économique des Gouro de Côte d’Ivoire (1964) qui partagea avec lui un "long compagnonnage". Il ajoute : "Dès ses premiers textes, il a été un auteur dérangeant, et ce caractère ne s’est jamais démenti. Sa réflexion – qu’il me suffise d’évoquer Femmes, greniers et capitaux (1975) ou l’Anthropologie de l’esclavage (1986) – a été constamment inventive, novatrice, créatrice, vivante […] Aucun terrain, aucun thème ne lui était étranger. Il a travaillé en Côte-d’Ivoire et au Mali, bien sûr, mais il s’est aussi intéressé, et de très près, aux Pygmées, à l’Afrique du Sud, aux castes indiennes, aux Inuit, à la royauté Inka. Il a réfléchi sur l’économie, mais aussi sur la parenté, sur la politique, sur l’histoire, sur les représentations. Il savait que les sociétés humaines sont des touts, que l’être humain ne se divise pas, et il concevait sa recherche en conséquence."
La famille de Claude Meillassoux a fait don de sa bibliothèque et de ses archives à la Bibliothèque de Recherches Africaines. C’est dire l’honneur qui est fait à notre laboratoire et à sa bibliothèque et la responsabilité qui lui incombe.
La mise en carton et le déménagement des fonds entre le domicile de Claude Meillassoux, rue de Mirbel à Paris, et le Centre Malher, ont été réalisés en trois jours, les 28 et 30 juin et le 1er juillet par une équipe de 5 personnes « volontaires » (Fabrice Melka, deux doctorantes, Eve Herpin et Estelle Sohier, un vacataire Laurent Ozteyin et Liliane Daronian). Les services de l’université ont bien voulu assurer le transfert en camionnette des 160 cartons, en plusieurs navettes. Un carton d’ouvrages a été remis à la Bibliothèque du Laboratoire d’anthropologie sociale au Collège de France et un autre est à la disposition d’Abdoulaye Bathily (IFAN, Dakar).
Durant le mois de juillet, deux vacataires ont traité les ouvrages provenant de ce fonds, ils les ont cotés (n° 17400 à 18741), classés dans les rayonnages et localisés dans le Sudoc (Système universitaire de documentation
http://www.sudoc.abes.fr
1341 ouvrages ont ainsi été référencés dans le Sudoc sous la localisation Paris-1BRA. Les notices de ces ouvrages seront « versées » dans le catalogue de l’université et le sous-catalogue de la BRA fin janvier 2006. Des notices restent cependant à créer pour 231 ouvrages (introuvables dans la base du Sudoc) ainsi que celles d’innombrables brochures. Dans ce fonds d’ouvrages, ceux de Claude Meillassoux, traduits en de nombreuses langues, attestent d’une renommée qui déborde largement les frontières de la francophonie.
Une première analyse des fonds, une cotation des cartons ainsi que des photographies numériques –celles des rayonnages– prises au domicile de Claude Meillassoux avant la mise en carton devraient permettre de retrouver le classement du chercheur, notamment celui de ses précieuses archives (carnets de terrain, notes de lecture, fichiers, dossiers thématiques, diapositives, cassettes audio, films…). Restent également à traiter l’ensemble des revues.
Après les fonds Raymond Mauny et Yves Person, la bibliothèque s’enrichit considérablement, notamment dans le domaine de l’anthropologie. Se pose d’ores et déjà la question du traitement global et approfondi de ce fonds, du personnel et des compétences nécessaires pour traiter avec célérité et selon les normes d’archivage les plus contemporaines le grand chantier que constitue cette donation.


Le fonds Gautheron

Jean Boulègue remet à la bibliothèque la photocopie d’une copie du Tarikh el fattach et donne quelques éléments la concernant :
Le document est une copie faite à la fin du XIXe siècle, à Djenné, pour le capitaine Gautheron, commandant le cercle de Djenné. (Devenu plus tard général), actuellement en la possession de Sophie Gautheron, arrière petite-fille du général Gautheron. Une photocopie du document, faite par Sophie Gautheron, a été identifiée par Mohamed Zaouit comme étant le Tarikh el fattach.
Restent à obtenir des informations biographiques sur Gautheron, d’une part auprès de Sophie Gautheron, d’autre part grâce à une recherche en archives de Martine Cuttier. A plus long terme, il faudra comparer le texte à celui des copies déjà connues et établir les éventuelles variantes. M. Zaouit pourrait se charger de ce travail.
Jean Boulègue


Base de données photographiques de la Bibliothèque de Recherches Africaines
Réalisée par Estelle Sohier
Une base de données photographiques est désormais consultable à la Bibliothèque de Recherches Africaines. Cette base a vocation à accueillir les photographies anciennes ou contemporaines de pays africains. Elle comprend actuellement les reproductions, sous forme numérique, de plus de 700 photographies de l’Éthiopie collectionnées par Michel Pasteau (1904-2003). Représentant de la compagnie du Chemin de Fer franco-éthiopien auprès du gouvernement d’Addis-Abeba, il résida en Éthiopie de 1928 à 1940.
Constituée durant cette période, sa collection fut reproduite en 1987 par Michel Perret et Bertrand Hirsch à l’occasion de la préparation de l’exposition Éthiopie, années 30. L’INALCO est aujourd’hui propriétaire de ces reproductions de photographies et cartes postales de la première moitié du XXe siècle réalisées par différents photographes, identifiés ou inconnus, professionnels ou amateurs.
La collection illustre particulièrement le Chemin de fer franco-éthiopien mais aussi les villes d’Addis-
Abeba (plus de 320 clichés), et de Djibouti, (ainsi que Harar et Diré-Dawa) dans les années 1920 et 1930. Cet ensemble d’images est très riche car il témoigne des évolutions de la capitale éthiopienne à une période de bouleversements et de modernisation (construction de nouveaux bâtiments comme la gare, les ministères, inaugurations de monuments, pose de l’électricité, tracé de nouvelles routes, apparition du parc automobile…). Il retrace aussi la vie politique éthiopienne mouvementée des années 1920 et 1930, avec les couronnements de 1928 et 1930 du ras Tafari, devenu negus Tafari, puis Haylä Sellasé, dont témoignent une centaine de documents. Les relations diplomatiques avec les pays occidentaux sont aussi rapportées, ainsi que l’invasion italienne de 1936, la répression de la résistance éthiopienne et l’occupation du pays par les troupes de Mussolini.
Cette collection iconographique montre aussi plus largement la société éthiopienne de la première partie du XXe siècle, au travers de portraits ou de scènes de la vie quotidienne. Ainsi sont illustrés le commerce avec le marché, la justice, l’artisanat (travail du cuir, tissage, poteries, vanneries), ou encore l’esclavage,à la ville ou à la campagne. Parallèlement à ce monde défile aussi sur place la vie des expatriés, leurs fonctions diplomatiques, leurs réceptions, leurs loisirs comme la chasse, l’automobile, ou la photographie.
Deux cent vingt-cinq mots-clefs divers à utiliser seuls ou combinés permettent de naviguer dans la base de données et de sélectionner les images qui peuvent aussi être triées par auteur ou par date, selon les centres d’intérêt de chacun.


Informatisation du catalogue de la bibliothèque
Le processus d’informatisation et de réinformatisation des fonds de la BRA se poursuit dans le cadre du Service Commun de la Documentation (SCD) de Paris-I via l’UFR d’histoire.
La commission d’appel d’offres de l’Université a choisi le titulaire du marché de réinformatisation du SCD. Le choix s’est porté sur la solution de la société Ex Libris (SIGB Aleph (Système intégré de gestion de bibliothèque) et portail documentaire Métalib).
La BRA a participé à des groupes thématiques (portail, gestion des périodiques) lors du travail de dépouillement des offres.
Nous avions, dans nos fonds, des ouvrages dépourvus de notices (la totalité des ouvrages du LAJP et un certain nombre d’ouvrages du CRA). Deux vacataires rémunérés sur des crédits de l’UFR ont équipé à ce jour 4169 ouvrages dont 2633 ont été localisés dans le Sudoc alors que 1536 y sont introuvables. Il apparaît que les besoins de la BRA en création sont comparativement les plus importants. Le nombre important d’ouvrages absents du Sudoc illustre bien l’originalité de nos fonds. Pauline Berthail, recrutée pour quatre mois par l’UFR d’histoire, crée pour la BRA des notices dans le Sudoc depuis le mois de mars à raison de 3 jours et demi par semaine.


Conséquence de notre présence dans le Sudoc, des demandes de consultation nous parviennent déjà de province ou d’ailleurs. Un chercheur gênois a visité, cette semaine, notre bibliothèque, pour y consulter un ouvrage dont il avait trouvé la notice dans le Sudoc, ce qui l’a conduit à découvrir notre laboratoire qu’il ne connaissait pas. Ainsi, une notice se voit remplir la fonction de vitrine pour le laboratoire.
Au jour J, l’ensemble des notices des ouvrages localisés ou créées dans le Sudoc ainsi que tous ceux qui ont été numérisées et rétroconverties par la société PRITEC à partir de nos fichiers papiers et informatiques seront reversés dans le catalogue de la BRA, partie intégrante du catalogue de l’Université.

La BRA représentée aux Rencontres des professionnels de l’IST
Chaque année, au mois de juin, l’INIST, Institut national de l’information scientifique et technique, organise des journées de formation auxquelles la BRA participe. Cette année, dans le cadre des « Rencontres 2005 des professionnels de l’Information Scientifique et Technique » qui se dérouleront au Palais des Congrès de Nancy du 20 au 22 juin 2005, une session « posters » a été prévue ayant pour objectif « de favoriser le partage des pratiques et des expériences entre les professionnels de l’Information Scientifique et Technique ». Le projet de poster proposé par la BRA a été retenu et devrait être présenté lors de ces journées. Il est actuellement en voie de finalisation.

 
 
 
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