Responsables: Richard Banégas, Pierre Boilley, Etienne Le Roy
Présentation de l'axe 3
Axe 3~3 : Guerres, violences et recompositions politiques
Axe 3~5 : Histoire contemporaine (XIXe-XXe siècles) de la région des Grands lacs : environnements, sociétés, pouvoirs
Axe 3~6 : Migrations et diasporas africaines et non africaines en Afrique
Axe 3~7 : Politiques judiciaires et pratiques de médiation
 
Axe 3~3 : Guerres, violences et recompositions politiques
Outre les espaces publics et la citoyenneté, un autre grand axe structurant les recherches de l’équipe a tourné autour des questions de guerre et de violence. Ce thème, qui avait été constitué essentiellement autour du projet USIP sur la crise des Grands Lacs (cf. ci-dessous) s’est progressivement enrichi de nombreux autres travaux individuels et collectifs.

 Projet de recherche collective sur la Crise des Grands Lacs
Ce programme financé sur fonds américains (USIP) était co-dirigé par J-P. Chrétien, G. Prunier et R. Banégas. Nous renvoyons au site pour le rappel de la problématique. Ce projet, ambitieux, a pris énormément de retard mais il doit bientôt aboutir à la publication d’un ouvrage collectif en anglais dont le manuscrit est aujourd’hui terminé (Janet Roitman en a assuré la traduction).

Outre ce livre, d’autres publications collectives ont témoigné de la vigueur des recherches menées en ce domaine de la violence et des conflits. Citons pour mémoire les n° spéciaux de Politique africaine consacrés à « La RDC, la guerre vue d’en bas » (n° 84, dirigé par R. Banégas et B. Jewsiewiski) ; « Libéria, Sierre Léone, Guinée : la régionalisation de la guerre » (n° 88, dirigé par M. Ferme et C. Ero) ; « La Côte d’Ivoire en guerre : dynamiques du dedans et du dehors » (n° 89, dirigé par R. Banégas et R. Marshall) ; « Violences ordinaires » (n° 91, dirigé par P. Janin et A. Marie) ; « Justice et réconciliation » (n° 92, dirigé par R. Marchal).

Au titre des recherches individuelles, au moins cinq membres de l’équipe ont consacré une partie de leurs recherches à l’analyse des situations de crise et de violence : Janet Roitman sur le Nord-Cameroun et le Bassin du Lac Tchad ; R. Banégas sur l’Ouganda et la Côte d’Ivoire ; Alphonse Maindo et Emilie Raquin sur la RDC ; Ruth Marshall-Fratani sur la Côte d’Ivoire.

Citons ici tout particulièrement les recherches menées par Alphonse Maindo (qui a aussi contribué au livre collectif sur la crise des Grands Lacs). Celui-ci a terminé et soutenu (en mars) sa thèse de doctorat en science politique intitulée : L’Etat à l’épreuve de la guerre : violences et reconfiguration des pouvoirs en RDC. Entre-temps, il a produit quantité d’études sur la violence, notamment milicienne, au Congo dont certaines ont été publiées, ainsi qu’un ouvrage tiré de son DEA, Voter en temps de guerre. Kisangani (RD-Congo) 1997. Quête de légitimité et (con)quête de l’espace politique, Paris, L’Harmattan, 2001. C’est indubitablement un des “ piliers ” de ce thème de l’axe 3.

 Recherches sur l’insurrection de 1947 à Madagascar
Sous la responsabilité de Jean Fremigacci, un projet CAMPUS concernant « Madagascar, l’insurrection de 1947 sur le terrain », doté d’un financement de 330.000 francs du Ministère des Affaires Etrangères (Coopération) a commencé à fonctionner au début de 2001 et devait s’étaler sur 3 ans. Retardé par divers évènements - fermeture des archives de Vincennes pendant tout le second semestre 2001, crise malgache de2002 -, il a été prolongé sur l’année 2004. Les difficultés de décaissement rencontrées ont d’ailleurs empêché l’utilisation complète des crédits théoriquement ouverts. L’équipe de recherche rassemblée s’est donc partagée le terrain d’enquête : Jean Fremigacci , le secteur sud de l’insurrection, Célestin Razafimbelo (professeur à l’Ecole Normale III de Tananarive), le gradin intermédiaire-Nord, Tovo Rakotondrabe ( maître de conférence à l’université de Tamatave), la zone côtière-Nord, et Lucile Rabearimanava (professeur d’Histoire contemporaine à l’université de Tananarive), le reste de Madagascar, où il ne s’est théoriquement, « rien » passé, mais qui n’a pas échappé à la répression policière.

La méthodologie adoptée - n’aller sur le terrain qu’après un travail d’archives très poussé permettant de dégager dans chaque micro. région les villages foyers de l’insurrection, les personnages-clés, les évènements majeurs - s’est révélée excellente, dissipant le mythe de populations frappées de mutisme sur ce sujet. Une source, en particulier, la liste des victimes par village, établie en 1950, a donné des résultats surprenants : les villageois ont conservé intacte la mémoire de ces victimes, et leur évocation libère la parole des survivants.

Une table ronde réunira l’équipe de recherche à Tananarive en décembre 2004 pour faire le point sur les résultats. Mais on peut déjà assurer que la vision de l’insurrection de 1947 sera renouvelée sur les points suivants :
 - les cadres, chronologique et spatial , dans lesquels il faut la situer
 - l’origine du mouvement et les responsabilités dans son déclenchement
 - la nature du mouvement, bien plus complexe et divers qu’on ne le croit encore
 - les modalités et les caractères de la répression
 - le bilan des pertes humaines
 - les modalités du trucage et de la falsification de l’histoire et de la mémoire de l’insurrection.

Les recherches sur ce thème des violences et des recompositions politiques dans la guerre vont se poursuivre durant le prochain quadriennal. Cela devrait même devenir un des programmes structurants les activités des chercheurs travaillant sur le politique.
 
 
 
© MALD 2003 - Université Paris 1 Panthéon Sorbonne / CNRS