Axe
3~3 : Guerres,
violences et recompositions
politiques |
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Outre les espaces publics et
la citoyenneté,
un autre grand axe structurant
les recherches de l’équipe
a tourné autour
des questions de guerre
et de violence. Ce thème,
qui avait été constitué essentiellement
autour du projet USIP sur
la crise des Grands Lacs
(cf. ci-dessous) s’est
progressivement enrichi
de nombreux autres travaux
individuels et collectifs.
Projet
de recherche collective sur la
Crise des Grands Lacs
Ce programme financé sur
fonds américains (USIP) était
co-dirigé par J-P. Chrétien,
G. Prunier et R. Banégas.
Nous renvoyons au site pour le
rappel de la problématique.
Ce projet, ambitieux, a pris énormément
de retard mais il doit bientôt
aboutir à la publication
d’un ouvrage collectif
en anglais dont le manuscrit
est aujourd’hui terminé (Janet
Roitman en a assuré la
traduction).
Outre ce livre, d’autres
publications collectives ont
témoigné de la
vigueur des recherches menées
en ce domaine de la violence
et des conflits. Citons pour
mémoire les n° spéciaux
de Politique africaine consacrés à « La
RDC, la guerre vue d’en
bas » (n° 84, dirigé par
R. Banégas et B. Jewsiewiski)
; « Libéria, Sierre
Léone, Guinée :
la régionalisation de
la guerre » (n° 88,
dirigé par M. Ferme et
C. Ero) ; « La Côte
d’Ivoire en guerre : dynamiques
du dedans et du dehors » (n° 89,
dirigé par R. Banégas
et R. Marshall) ; « Violences
ordinaires » (n° 91,
dirigé par P. Janin et
A. Marie) ; « Justice et
réconciliation » (n° 92,
dirigé par R. Marchal).
Au titre des recherches individuelles,
au moins cinq membres de l’équipe
ont consacré une partie
de leurs recherches à l’analyse
des situations de crise et de
violence : Janet Roitman sur
le Nord-Cameroun et le Bassin
du Lac Tchad ; R. Banégas
sur l’Ouganda et la Côte
d’Ivoire ; Alphonse Maindo
et Emilie Raquin sur la RDC ;
Ruth Marshall-Fratani sur la
Côte d’Ivoire.
Citons ici tout particulièrement
les recherches menées
par Alphonse Maindo (qui a aussi
contribué au livre collectif
sur la crise des Grands Lacs).
Celui-ci a terminé et
soutenu (en mars) sa thèse
de doctorat en science politique
intitulée : L’Etat à l’épreuve
de la guerre : violences et reconfiguration
des pouvoirs en RDC. Entre-temps,
il a produit quantité d’études
sur la violence, notamment milicienne,
au Congo dont certaines ont été publiées,
ainsi qu’un ouvrage tiré de
son DEA, Voter en temps de guerre.
Kisangani (RD-Congo) 1997. Quête
de légitimité et
(con)quête de l’espace
politique, Paris, L’Harmattan,
2001. C’est indubitablement
un des “ piliers ” de
ce thème de l’axe
3.
Recherches
sur l’insurrection
de 1947 à Madagascar
Sous la responsabilité de
Jean Fremigacci, un projet CAMPUS
concernant « Madagascar,
l’insurrection de 1947
sur le terrain », doté d’un
financement de 330.000 francs
du Ministère des Affaires
Etrangères (Coopération)
a commencé à fonctionner
au début de 2001 et devait
s’étaler sur 3 ans.
Retardé par divers évènements
- fermeture des archives de Vincennes
pendant tout le second semestre
2001, crise malgache de2002 -,
il a été prolongé sur
l’année 2004. Les
difficultés de décaissement
rencontrées ont d’ailleurs
empêché l’utilisation
complète des crédits
théoriquement ouverts.
L’équipe de recherche
rassemblée s’est
donc partagée le terrain
d’enquête : Jean
Fremigacci , le secteur sud de
l’insurrection, Célestin
Razafimbelo (professeur à l’Ecole
Normale III de Tananarive), le
gradin intermédiaire-Nord,
Tovo Rakotondrabe ( maître
de conférence à l’université de
Tamatave), la zone côtière-Nord,
et Lucile Rabearimanava (professeur
d’Histoire contemporaine à l’université de
Tananarive), le reste de Madagascar,
où il ne s’est théoriquement, « rien » passé,
mais qui n’a pas échappé à la
répression policière.
La méthodologie adoptée
- n’aller sur le terrain
qu’après un travail
d’archives très
poussé permettant de dégager
dans chaque micro. région
les villages foyers de l’insurrection,
les personnages-clés,
les évènements
majeurs - s’est révélée
excellente, dissipant le mythe
de populations frappées
de mutisme sur ce sujet. Une
source, en particulier, la liste
des victimes par village, établie
en 1950, a donné des résultats
surprenants : les villageois
ont conservé intacte la
mémoire de ces victimes,
et leur évocation libère
la parole des survivants.
Une table ronde réunira
l’équipe de recherche à Tananarive
en décembre 2004 pour
faire le point sur les résultats.
Mais on peut déjà assurer
que la vision de l’insurrection
de 1947 sera renouvelée
sur les points suivants :
- les cadres, chronologique
et spatial , dans lesquels il
faut
la situer
- l’origine du mouvement
et les responsabilités
dans son déclenchement
- la nature du mouvement, bien
plus complexe et divers qu’on
ne le croit encore
- les modalités et les caractères
de la répression
- le bilan des pertes humaines
- les modalités du trucage
et de la falsification de l’histoire
et de la mémoire de l’insurrection.
Les recherches sur ce thème
des violences et des recompositions
politiques dans la guerre vont
se poursuivre durant le prochain
quadriennal. Cela devrait même
devenir un des programmes structurants
les activités des chercheurs
travaillant sur le politique. |
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