Comme
les savoirs, les sociétés,
les cultures et les environnements,
les pouvoirs relèvent,
dans nos recherches, d’une
approche pluridisciplinaire.
Dans ce cas, les disciplines-clefs
sont la science politique et
l’histoire, mais aussi
l’anthropologie et la
sociologie. Nous envisageons
la période contemporaine
au sens le plus large, depuis
les crises des sociétés
africaines induites entre autres
par la traite, à la
veille des colonialismes modernes,
jusqu’à l’actualité la
plus brûlante de ce début
de XXIe siècle.
Nous mettons d’abord l’accent
sur les dynamiques de transmission
et de rupture et sur les quiproquos
de la « tradition » et
de la « modernité » qui
les accompagnent, notamment pour
le passage des administrations
coloniales aux Etats actuels, un
sujet qui est au coeur de débats
stimulants et qui bénéficie
de l’ouverture des archives
des années 50-60 . Ensuite,
trois thèmes s’inscrivent
dans les grands questionnements
politistes sur l’Afrique
: les débats sur la démocratie
et la citoyenneté pour un
continent piégé par
nombre de communautarismes anciens
ou récents et qui navigue
entre la fin du racisme institutionnel
en Afrique du sud et le génocide
rwandais ; le diagnostic de la
violence extrême qui marque
plusieurs régions depuis
une quinzaine d’années
; enfin les interrogations nouvelles
sur les rapports « Nord-Sud » et
la place de l’Afrique dans
les projets de coopération
européens et en particulier
français. Un des espaces
qui a attiré le plus l’attention
ces dernières années
est celui des Grands lacs, mais
souvent dans des perspectives étroitement
humanitaires : nous poursuivons
notre travail collectif d’éclairage
de cette crise, dans son échelle
régionale et en l’inscrivant
résolument dans une perspective
historique de longue durée.
La modernité de l’histoire
africaine (et elle ne date pas
d’hier, en dépit du
poids des clichés ethnographiques)
repose aussi sur la mobilité de
ses populations, la multiplicité des
rencontres multiculturelles et
la cristallisation de diasporas,
avec les défis politiques
que ces données impliquent.
Enfin la dimension institutionnelle
des problèmes ne doit pas être
oubliée, non sur un plan
normatif, mais dans son inscription
sociale et culturelle, en particulier
dans le domaine de la justice,
ballotté entre une nostalgie
d’héritages qui semblent
perdus et des placages juridiques
extérieurs. L’ensemble
de ces projets se nourrit d’expériences
de terrains et de relations avec
des collègues africains,
d’enquêtes en cours
et d’interrogations renouvelées,
ils sont traités par des équipes
bien rodées et qui peuvent
se référer à des
publications reconnues.
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