Responsables : Marie-Laure Derat et Bertrand Hirsch
Participants : Deresse Ayenachaw (doctorant), Anne Bolay (doctorante), Jean Boulègue (professeur, Paris-I), Gérard Chouin, Jean-Pierre Chrétien (DR-CNRS, MALD), Marie-Laure Derat (CR-CNRS, MALD), Florence Duchamp (doctorante), Yohannes Guebre Sellassie (doctorant), Bertrand Hirsch (MCF, Paris-I), Arnaud Kruczynski (doctorant), Henri Médard (MCF, Paris-I), Jean Marie Nduwayo (doctorant), Claude-Hélène Perrot (professeur émérite, Paris-I), Gérard Pescheux (directeur IFRA, Ibadan), Franck Raimbault (doctorant), Bernard Salvaing (MCF, Paris-I), Estelle Sohier (doctorante), Tal Tamari (CR-CNRS), Dimitri Toubkis (doctorant), Thomas Vernet (doctorant), Anaïs Wion (post-doctorante)
Présentation de l'axe 2
 
Présentation générale de l'axe 2
Dans le projet de laboratoire précédent, l’axe 2 s’intitulait « Pouvoirs, religions, cultures - VIIe siècle - premier XXe siècle ». L’accent était mis sur l’étude des sociétés anciennes dans la longue durée, en privilégiant les évolutions endogènes, qui pouvaient s’accompagner d’interactions avec des influences extérieures mais filtrées et progressivement réappropriées. Les recherches s’organisaient alors autour de deux grandes thématiques, l’analyse des sociétés anciennes et les contacts entre espaces culturels et religieux différents.

Nos pratiques et nos méthodes ont quelque peu infléchi cette répartition. Il est en effet parfois bien difficile de distinguer entre influences exogènes et évolutions endogènes, d’autant que c’est souvent la confrontation de ces deux thématiques qui produit du sens. Il est également fort réducteur d’ignorer la grande richesse née du métissage entre les cultures, d’autant qu’il ne saurait être question de revenir à la conception périmée considérant les sociétés africaines anciennes comme des isolats invariants miraculeusement préservés du changement historique avant la période coloniale. De plus, l’étude des sociétés africaines s’appuie en partie sur une documentation extérieure (sources portugaises et arabes essentiellement), de même que la compréhension des contacts n’est pas séparable de la connaissance interne des sociétés en question.

D’où le nouvel intitulé de l’axe 2, « Innovations et reproductions dans les sociétés africaines », qui continue d’inscrire les recherches dans le temps long (VIIIe-XXe siècle).

Cet intitulé est avant tout un mot d’ordre contre la conception encore très répandue d’une « tradition africaine », reposant sur une vision a-historique des sociétés africaines. Mais il est aussi le fruit du constat que les évolutions observées dans les sociétés étudiées ont le plus souvent été canalisées par des pratiques visant à la reproduction d’un ordre dont la référence était souvent plus tournée vers le passé que vers un futur annonciateur de progrès.

Il est aussi le fruit de notre pratique au contact de sources qui apparaissent le plus souvent à la fois uniques et stéréotypés. Tout l’art de l’historien est de détecter les modèles employés tout en relevant les spécificités d’un texte (écrit ou oral) ou d’une représentation artistique pour en tirer, au final, des informations de type historique.

Les études des trois équipes portent sur des espaces régionaux construits par un ensemble de contacts et d’échanges bien antérieurs aux constructions des empires coloniaux : circulation de modèles politiques ou religieux, échanges commerciaux, échanges religieux et linguistiques, etc., favorisés par la présence d’intermédiaires culturels.

Les variété des champs géographiques couverts par les trois équipes (Éthiopie, Afrique orientale, Afrique de l’ouest islamique et monde Akan) et la complémentarité des approches anthropologiques et historiques permettent de fructueuses confrontations et sont une incitation à porter une attention particulière à l’étude des rencontres et échanges entre cultures et sociétés différentes. Tout en s’attachant à l’étude des sources externes à l’Afrique (archives coloniales, missionnaires, récits de voyage etc.) les membres de l’axe accordent une place particulière aux sources endogènes (manuscrits, sources orales etc.).

L’existence de réelles équipes qui partagent un terrain commun n’empêche aucunement des rencontres sur des thématiques transversales, comme ce fut le cas lors de la table ronde organisée en novembre 2003 (voir ci-dessous dans le chapitre bilan), ou comme ce sera le cas dans le séminaire de recherche sur l’esclavage (voir ci-dessous dans le chapitre perspectives).

Bilan
Les membres de cet axe ont eu ainsi l’occasion de confirmer les convergences de leurs approches au cours d’une table-ronde réunissant la plupart d’entre eux, en novembre dernier (24, 25, 26 novembre 2003), aux côtés de leurs collègues du Seminar für Orientkunde de l’université de Mayence, associés dans un projet Procope animé pour la partie française par Bertrand Hirsch, directeur du CRA. Le thème de la table-ronde, « Identités composées. Dynamiques linguistiques et religieuses en Afrique », procède d’un intérêt commun pour une étude de l’Afrique envisagée dans la longue durée et dans son évolution, combinant approches des sociétés et de leurs contacts avec l’extérieur.
Les actes de cette table-ronde feront l’objet d’une publication à paraître en 2005.
 
 
 
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